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notes, master innovation by design

Less is more

par Pierre Musso

Aujourd’hui on a deux flux d’innovation : celui des labos de recherche et celui qui vient des réseaux sociaux. Les réseaux sociaux sont en train de créer un deuxième flux d’innovation dans la société.
On peut à la fois faire un modèle numérique d’un objet et aussitôt l’expérimenter en ligne quasiment en temps réel. C’est quelque chose de très nouveaux et devrait s’accentuer avec les réseaux très haut débit.
Sinon vous distribuer l’objet à un panel le plus large possible.

En amont, le point de départ quand on a des intuitions, des idées, … ce qui est intéressant dans l’amont du processus d’innovation est que on n’est pas encore figé dans un prototype. On est dans la confrontation des différents partenaires… et c’est foisonnant c’est stratégique. Plus on va vers la maquette, vers le prototype et plu son ferme.
En amont du prototypage, c’est très malléable en numérique. C’est un processus où il n’y a pas simplement les imaginaires des ingénieurs et des techniciens mais il y a de nombreux imaginaires.

Il y a de nombreux freins à l’innovation.
En général, par définition, l’innovation vient bousculer. Tout le problème dans l’entreprise est à la fois d’être avec l’entreprise et aussi d’être contre. Donc il faut très bien connaître l’entreprise et son histoire. Il faut être à la fois dedans et en marge. C’est le plus difficile, il n’y a pas de recette.

L’atmosphère non créative de l’entreprise. L’entreprise doit créer une atmosphère d’innovation (cf. Marshall). Phénomène de répétition, tout le monde va aux mêmes colloques, aux mêmes réunions.
Il faut être à la fois en position de veille, savoir ce qui se fait, et aussi être en décalage.
Il y a redondance des recherches, des concepts.

Et donc le principal frein est culturel.
Il faut sortir du cadre de référence. Il faut être en marge avec rapport au centre.

Le principal frein est de voir la r&d comme un processus linéaire.
On essaie de combiner market pull et techno push. On pense que c’est un système de cursus, mais il faut intégrer beaucoup plus. Aujourd’hui il faut intégrer le design l’a création , les sciences humaines et dans un processus itératif.

L’objet valise.
On a des tas d’idées et on les fait converger dans un seul objet. Agrégation de multiples fonctionnalisés en un seul objet.
c’est le cas du téléphone mobile par exemple.
Idée que j’intègre tout sur l’objet, ou sur le corps, ou sur un environnement car j’ai déjà trouvé un support. Or l’innovation c’est de sortir du cadre.
L’objet valise est celui que on surcharge.

L’imagerie des services
On commence toujours pas découper ex. la maison, la voiture, le corps et ensuite on va l’électroniser des objets.
On raisonne en découpe. ex. le réfrigérateur. et là on y met la connexion internet. de même la poubelle électronique.
La maison peut se configurer en fonction de son environnement culturel et social et non plus en l’isolant. On travaille sur des relations (ex. la culture sociale de l’environnement immédiat) et non sur des espaces toujours les mêmes (la maison comme entité seule).

Injonction implicite : il faut innover hors
On prends l’espace social et on le coupe : la maison, la voiture, le bureau …
federico casalegno.
Il faut travailler sur la ville, … si on travaille sur le transport.
Travailler sur la ville, sur le déplacement, sur la vitesse, sur le duo mobilité/immobilité.
Le cadre de référence est tout à fait essentiel.

. Créer du lien ou du stockage. créer communication ou dé-communication
penser une chose et son contraire : je pense voiture et de l’aide à la mobilité (sans voiture).
C’est aussi fixer un champs d’innovation.

. Ubiquité ou instantanéité temps réel.
Réfléchir sur l’espace temps. Modifier le rapport à l’espace et au temps.

. Les interfaces hommes machines , rapprocher l’homme de la machine et la machine de l’homme

. L’usage transparent avec l’objet technique. usage transparent et accès direct immédiat à l’activité.
augmenter l’activité par l’objet technique, élargir sa capacité d’action.

Le processus holiste de l’innovation.
concepteur <–> Utilisateur. Entre ces deux acteurs principaux, il y a une multitude de représentations qui sont en jeu dans cet échange.
C’est une carte mentale des acteurs. C’est une question culturelle.

Tous les fantasmes, fictions, client imaginé sont présents chez les concepteurs. Et le concepteur est aussi confronté aux imaginaires de l’usage de la technique. Quel rapport à la technique et à l’usage des objets techniques.

Du modèle linéaire au modèle interactif.

L’intensification de l’innovation.
Cela veut dire qu’il y a une accumulation d’innovation et une accélération notamment dans le secteur des NTIC
On a une telle accumulation et une telle vitesse d’innovations que  le problème est l’humain. Le maillon lent est l’homme. On devient victime de ce que nous produisons nous même et ce qui apparaît encore plus brusquement avec la naissance de l’ordinateur, car la vitesse des innovations c’est encore plus accéléré. C’est l’innovation qui tire la compétition, la compétitivité.
Ce n’est pas par désir d’innovation mais c’est une vraie course à la compétitivité.

Conception du temps
dans la conception sédimentaire et géologique du temps. Il y a des couches, une histoire à suivre…
iphone mais avant  …
le téléphone mobile inventé en 1940
le téléphone fixe de Graham Bell en 1886

Conclusion sur l’innovation
1- ne pas se limiter à la vision technicienne d’ingénierie qui est que le moteur de l’innovation serait la technique. Et notamment la technique de façon continue. Et donc cela va se poursuivre…
C’est une façon de dire ce qui va arriver dans 20 ans. Mais en fait c’est très pauvre pour l’anticipation. Il fut penser les ruptures
2- intérêt du système techniques
3- développer, avec le travail sur l’imaginaire, mais tout ce qui est collectif interdisciplinaire et partenariat. On ne peut pas faire cela tout seule. Et intégrer le marketing comme une discipline de recherche.
Des entités de recherches sur le marketing.
4 – restaurer la magie de l’objet technique.

III – les imaginaires
Il faut se débarrasser de lieux communs.
L’imaginaire n’est pas le contraire du réel, ni du rationnel.

Non seulement il y a une logique de l’imaginaire
L’imaginaire et le réel sont intimement liées.

Tout produit (bien ou service) peut être considéré en trois dimensions :
. physique
le poids, la fonctionnalité, le volume
. imaginaire
paramètres liées à l’usage, à l’espace/temps, à la liberté/surveillance, ..
. symbolique
ce qui fait vraiment le sens.

ex. un marqueur il permet décrire au tableau, il a une odeur,

Il faut absolument distingué trois temporalités.
. Il y a une vitesse ultra rapide pour les innovations ultra rapides et cumulatives.
. les hommes sont plus lents et donc les appropriations et les usages (socio culturels) peuvent être assez lentes.
. et encore plus lent, c’est celle des imaginaires. c’est sur le modèle sédimentaire. Les imaginaires, les mythes sont structurés et répétitifs.

Par imaginaire on peut entendre les représentations. Ce sont moins les représentations des individus que les représentations collectives (culturelles et sociales).
Il faut se débarrasser de choses qui empêchent de réfléchir, comme :
. le rejet rationaliste de l’imaginaire face au réel.
. la fascination/mode qui ôte toute signification à la notion. Il y a aussi une mode aujourd’hui Imaginaire.

L’imaginaire est un ensemble de représentations sociales articulées.

Qu’est ce que l’imaginaire ?
C’est un objet flou et vaste, difficulté de la définir
Lucian Boia : L’imaginaire est un produit de l’esprit … il agit sur le monde et le monde agit sur lui il constitue une réalité indépendante, disposant de ses propres structures et de sa propre dynamique… c’est lié à l’action, à l’activité. ce n’est pas l’imaginaire au sens de la rêverie.
L’imaginaire a une réalité et une organisation propres.

Et il y a deux grandes théories de l’imaginaire qui se confrontent :
un imaginaire historicisé. des imaginaires par période historique.
un imaginaire stable, antihistorique répondant à des archétypes.

Définition proposée de l’imaginaire : ensemble cohérent et dynamique de productions à base de récit et de images avec une dimension émotionnelle et délivrant du sens.

Dans l’innovation on a très peu exploré cette voie.

l’imaginaire entre réel et symbolique (dixit jacques Lacan)
d’un point de vue psychanalytique :
le réel doit être mis en images
le symbolique donne le sens et structure l’imaginaire
l’imaginaire (les signes) est un passage entre les deux.
le signe renvoie à des objets vus ou déjà perçus.

Il y a pluralité des imaginaires.
. les concepteurs
. les entreprises
à la fois dans l’injonction à l’innovation et dans la compétition. et en même temps par leurs histoires, elles ne créent pas toujours l’atmoshpère innovante.
. les publicitaires
ceux qui manipulent les signes
. les littérateurs
cf. Patrice Flichy. tout ceux qui racontent des histoires, pour produire un récit, mais aussi pour raconter et pour mettre en scène.
. les organismes d’étude
ils vont aussi être producteurs de récits.
. les utilisateurs
. et puis il y a les macros discours, ils sont très importants car ils sont mobilisateurs car ils donnent une vision , un sens

La confrontation des imaginaires de tous ces acteurs. d’où l’intérêt de la pluridisciplinarité et des partenariats.

Dans l’entreprise, le problème (et aussi l’atout) est qu’il y a une culture de l’entreprise, il y a déjà un imaginaire. Non seulement la culture d’origine de l’entreprise.
Il a des codes, des normes, …
Dans la culture de l’entreprise, il y a l’imaginaire qui est paralysant, l’imaginaire qui freine l’innovation, et a contrario il y a l’imaginaire moteur et l’imaginaire leurrant qui consiste à produire du discours sur …, de l’injonction à …

Il faut psychanalyser l’imaginaire de l’entreprise. il faut aller explorer l’interdit de l’innovation dans l’entreprise, par exemple les endroits où on ne va pas. Aller dans les marges, dans la société de là où on va naturellement.
La question du désir est fondamentale. Le sens n’est pas toujours le sens rationnel, c’est lié au désir,

On pourrait aussi  psychanalyser les objets.
ex. la magie du téléphone. on n’a pas une image de l’autre, mais on a l’imaginaire de l’autre et en plus on a la voix et donc l’intimité du corps. Ce qui fait la richesse du téléphone c’est de ne pas voir l’autre.
L’absence du corps, on joue sur les identités de l’autre. On joue sur les masques car il y a  l’imaginaire de l’absence de corps. Et on va alors vers l’anonymat, l’avatar.

Il y a des tas de grille pour explorer l’imaginaire. Le fondateur est Gaston Bachelard.
Bachelard considérait que les images obéissent à une logique et à une rythmique.  Il ramène l’imaginaire aux quatre élements : l »eau , la terre, l’air et le feu.
La poétique de l’eau renvoie à la fluidité, la société liquide,…
Les imaginaires de la terre plus fixés.

Poétique de la rêverie de Bachelard.


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L’imaginaire fonctionne toujours dans l’ambivalence. Il y a un va et vient entre deux pôles contraires.

Gilbert Durand, les structures anthropologiques de l’imaginaire


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Il a cherché à voir comment sont articulés les éléments de l’imaginaire. Il va les rattacher autour de thématiques comme séparer, inclure et dramatiser.

Lucian Boia découpe la matière archétypale en 8 ensembles à portée universelle :
1- le sacré
la sacralisation de l’objet. chez nous le totem, c’est la télé. aujourd’hui ce sont beaucoup des objets techniques.

2- le double
la question du double, de l’alter. l’autre du corps, le robot, l’avatar
cette idée du double vie/mort

3- l’altérité

4- l’unité
trouver un principe unificateur pour donner un sens au monde

5- l’actualisation des origines
les mythes fondateurs rendent intelligibles les origines et le sens du monde

6- le déchiffrement de l’avenir
le destin, l’histoire et l’avenir

7- l’évasion
changer de condition

8- la lutte des contraires

Ensuit il y a les grands récits sur la société de la communication.
par exemple, la matérialisation, la transparence, la promesse de l’hyperchoix, la fluidité, l’intelligence collective.
Ces grands récits sont très intéressants car c’est la toile de fond dans laquelle on inscrit les innovations.
Il y a un autre grand récit complémentaire, avec la société de la surveillance.
Cf. Gilles Deleuze « nous entrons dans des sociétés de contrôle qui fonctionnent non plus par  enfermement mais par contrôle continu et communication instantanée »
On est dans une société de traçabilité et de sécurité et espionage en continu.

Le discours le plus actuel est celui de l’immatériel et de l’innovation.
l’économie de l’immatériel  rapport de JP Joueyet et Maurice Levy, nov.2006

L’économie de l’immatériel (pdf) , rapport remis au ministre de l’Économie, des finances et de l’industrie le 4 novembre 2006 par Maurice Levy, président du groupe Publicis et Jean-Pierre Jouyet, chef du Service de l’Inspection générale des Finances.

.

Les mythes dynamiques liés à l’innovation selon Abraham Moles
. le mythe d’Icare – affranchissement de l’apesanteur
. le mythe de Prométhée – énergie inépuisable
. le mythe de Gygès – voir sans être vu
. le mythe de l’ubiquité – être partout à la fois
. le mythe de Babel – bibliothèque universelle
. le mythe de récréation à l’identique – haute fidélité, clonage, la perfection…
. le mythe du Golem
. le mythe de l’androgyne
. le mythe du magasin universel
. le mythe de l’usine sans ouvriers et de la société de loisir
. le mythe de Rockefeller
. le mythe du Far West

voir Abraham Moles – Mythologie et vie sociale – sur google book

On peut à la fois s’appuyer sur ces mythes et les vendre à l’envers.
Les 7 miracles des TICS selon Victor Scardigli
1 – le pouvoir
2 – le savoir
3 – la mémoire
4- la justice sociale
5- le lien social
6- la prospérité économique
7- l’espace/temps

Autour de ces 7 ambivalences, il y a un espace des possibles avec des grilels de lecture assez puissantes. Partir du sens et non de la puissance technologique

Article de Télérama (15 décembre 2010) sur les travaux d’Alain Renk et Pierre Musso, dossier Villes et Numérique : TeleramaMussoRenk151210

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